L'ÎLE AUX BASQUES

L'île aux Basques, refuge d'oiseaux migrateurs, est précieusement conservée par la Société Provancher. La Société a fait l'acquisition de ce joyau de notre patrimoine naturel et historique en 1929. Le 5 juillet 2001, l'île a reçu le statut de lieu historique national du Canada.

LOCALISATION

L'île aux Basques est située sur la rive sud du Saint-Laurent en face de la ville de Trois-Pistoles, à quelque deux cent cinquante kilomètres à l'est de Québec : (48° 09' 00'' N 69° 15' 00'' O) . Elle fait partie de la MRC Les Basques et Rivière-du-Loup.

VOCATION DE L'ÎLE

Ce joyau de la nature est avant tout voué à la conservation, tant pour les éléments naturels que les éléments historiques qu'elle abrite. Dans son souci d'éducation des jeunes et du public à l'histoire et aux phénomènes envoûtants de la nature, la Société Provancher rend l'île accessible à la population pendant la saison estivale. On peut y séjourner le temps d'une marée ou louer un chalet pour quelques jours.

HISTORIQUE

L'île doit son nom aux hardis pêcheurs basques qui venaient chasser le phoque, le marsouin et la baleine dans l'estuaire du Saint-Laurent et y faire la traite avec les Amérindiens. Entre les années 1580 et 1630, ils aménagèrent plusieurs fourneaux sur l'île pour faire fondre la graisse de ces mammifères marins dont les Européens se servaient à l'époque pour s'éclairer.

Au cours des années 1990, cinq séries de fouilles archéologiques ont été entreprises avec la mise en chantier de plusieurs sites dont ceux de l'anse à la Baleine à l'est de l'île et celui, à l'ouest, du pré de la Vielle Maison. Ces travaux ont conduit à la mise à jour d'un four avec dallage, à la découverte de l'emplacement d'une fonderie et au dégagement de poteries en terre cuite dont un vase de tradition iroquoïenne, ce qui confirme la présence des Amérindiens bien avant celle des Basques. Trois fours sont encore visibles sur l'île et ont été mis en valeur pour le bénéfice des visiteurs.

MILIEU PHYSIQUE

Constituée d'ardoises et de grès à son extrémité nord-est, l'île occupe un espace d'environ 2 km de longueur, dans l'axe est-ouest, sur 0,5 km. Elle présente une physiographie variée, avec un relief légèrement accidenté (altitude maximale d'environ 30 m). Les affleurements rocheux forment une ceinture continue autour de l'île, interrompue à plusieurs endroits par des grèves de galets et de sable. Les sols, généralement très minces, sont surtout constitués de sable et de matière organique. Plus de la moitié du paysage insulaire consiste en des boisés à caractère nettement boréal avec, comme espèces d'arbres dominantes, le sapin baumier, l'épinette blanche et le bouleau à papier.

La flore
Malgré ses petites dimensions, l'île aux Basques est le refuge d'un nombre important de plantes vasculaires, soit 336 taxons répartis en 58 familles. Les quatre familles qui comptent le plus grand nombre de taxons sont les Graminées, les Cypéracées, les Rosacées et les Composées.

La flore de l'île compte 47 plantes dont la présence est associée au rivage maritime. Parmi celles-ci, les plus spectaculaires sont le seigle de mer (Elymus mollis), l'iris à pétales aigus (Iris setosa), la salicorne (Salicorna europaea), le pois de mer (Lathyrus japonicus), le persil de mer (Ligusticum scothicum), le plantain maritime (Plantago maritima), la mertensia maritime (Mertensia maritima) et, enfin, le roi des champs (Senecio pseudo-arnica).

En raison des conditions climatiques rigoureuses et de l'exposition de l'île aux vents violents du large, la flore de l'île est marquée du sceau de la nordicité et se traduit par la présence de 14 plantes arctiques.

La flore mycologique
Les connaissances actuelles de la flore mycologique de l'île aux Basques permettent d'affirmer qu'elle est abondante, riche et variée. Sous les conifères, une vingtaine d'espèces de cortinaires ont été répertoriées, tandis que les milieux les moins pourvus en arbres sont parsemés d'amanites et de bolets, ces derniers se trouvant en milieu plus boisé.

Deux espèces de champignons toxiques se rencontrent fréquemment, le paxille enroulé (Paxillus involutus) incorrectement appelé chanterelle brune, et le scléroderme vulgaire ou scléroderme orangé (Scleroderma aurantium).

Les espèces lignivores abondent dans l'île. La partie de la forêt qui a été ravagée par les vents violents offre un vaste milieu de croissance aux espèces saprophytes; les souches et les troncs d'arbres au sol en sont couverts. Apparentée à celle des régions forestières, cette flore se caractérise par la présence d'espèces rencontrées à l'île d'Anticosti et sur la Côte-Nord .

La faune
Peu d'espèces de vertébrés, mis à part les oiseaux, habitent l'île. L'accès aux espèces terrestres est limité puisqu'un pont de glace ne raccorde l'île à la terre ferme que quelques jours par année.

L'avifaune
Avec 229 espèces d'oiseaux observées à ce jour, l'île aux Basques jouit d'une solide réputation parmi les sites d'observation ornithologiques québécois. Les espèces aquatiques et les espèces terrestres regroupent une centaine d'espèces chacune.

Les espèces aquatiques
Parmi les espèces aquatiques, cinq peuvent être observées quotidiennement de mai à octobre. Ce sont les espèces nicheuses les plus communes de la région : le cormoran à aigrettes, le grand héron, l'eider à duvet, le goéland argenté et le goéland marin.

Toutefois, lors de la migration printanière, près d'une centaine d'espèces s'ajoutent à la dizaine d'espèces nicheuses qui fréquentent les abords de l'île. Le plongeon huard, le plongeon catmarin, le cormoran à aigrettes, la bernache cravant, la macreuse à front blanc, la macreuse noire, le harle huppé, le garrot d'Islande, le goéland à bec cerclé et le guillemot à miroir comptent parmi les plus abondantes.

L'île accueille aussi quatre espèces d'oiseaux aquatiques noncoloniaux en période de reproduction. Le canard noir, le pluvier kildir et le chevalier grivelé nichent à l'île chaque année. L'espèce la plus spectaculaire est le balbuzard pêcheur qui a niché sur l'île régulièrement durant une trentaine d'année.

Certaines espèces rares dans l'estuaire du Saint-Laurent sont observées régulièrement au pourtour de l'île, notamment le grèbe jougris, le fou de Bassan et l'eider à tête grise.

Les espèces terrestres
À l'opposé des espèces aquatiques, la majorité des espèces terrestres qui fréquentent l'île aux Basques y sont aussi nicheuses. Facilement reconnaissable à son chant sifflé mélodieux et sonore, le bruant fauve est considéré comme la coqueluche de l'île. Les boisés de conifères plus denses du nord-est de l'île abritent plusieurs espèces de passereaux. Des mésanges, des sittelles, des troglodytes et des roitelets font aussi la joie des observateurs.

Les mammifères
Les mammifères terrestres se limitent au campagnol des champs, au lièvre d'Amérique et, certaines années, au renard roux.

Les mammifères marins émerveillent, touchent et émeuvent. Sur la vingtaine d'espèces observées dans les eaux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent, seules deux espèces y résident à l'année : il s'agit du béluga (Delphinapterus leucas) et du phoque commun (Phoca vitulina). Toutes les autres espèces sont dites saisonnières. Même si les îles aux Basques et Razades ne sont pas situées dans une zone très fréquentée par les cétacés et les pinnipèdes, on peut y observer deux espèces de pinnipèdes, le phoque commun (Phoca vitulina) et le phoque gris (Halichoerus grypus), deux espèces d'odontocètes (cétacés à dents), le marsouin commun (Phocoena phocoena) et le béluga, ainsi qu'une espèce de mysticètes (cétacés à fanons), le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata).

LES ACTIVITÉS

L'île aux Basques offre à ses visiteurs et à ses locataires de chalets :

COMMENT S'Y RENDRE ?

En empruntant la route 132 jusqu'au quai de Trois-Pistoles. Comme l'accès à l'île est strictement contrôlé, vous ne pourrez la visiter qu'en réservant auprès du gardien de l'île monsieur Jean- Pierre Rioux (418- 851-1202). Une courte traversée de quatre kilomètres en bateau vous conduira à la découverte d'un des plus beaux joyaux du fleuve Saint-Laurent.